24 octobre 2009

Ici et Ailleurs

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"Les mannequins, les automates, les miniatures, les petites vies, les lutins... Pourquoi sommes-nous touchées si fort par ces petits personnages?" se demandait il y a quelques mois Catherine dans un commentaire.

Contrairement aux lutins et aux fées qui appartiennent à un univers imaginaire, je me demande si ce qui nous attire chez les poupées, mannequins et autres automates (porteurs d'une histoire secrète, d'un passé mystérieux) n'est pas qu'ils ont un pied dans le monde réel, le monde sensible, tout en nous évoquant la possibilité d'une existence parallèle, d'un ailleurs... A plus grande échelle, la possibilité (la nécessité!) d'une seconde vie, vie de l'esprit, en parallèle de notre vie matérielle.

Pourquoi cette attirance pour ce petit monde? Dans mon cas, je pense que vous faire découvrir un peu de l'environnement dans lequel j'ai grandi et me suis construite, à la frontière du rêve et du réel, répond aussi en partie à la question. J'ai choisi quelques tableaux de mon père dans lesquels on retrouve... des poupées.

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Merci Daddy!

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Daniel Péron-peintures

Posté par sarahp à 20:09 - - Commentaires [2] - Permalien [#]


Commentaires sur Ici et Ailleurs

    Touché !...

    Merci pour cette analyse qui renvoie à ce que tu as pu puiser dans mon propre univers pour accoucher du tien, pourtant si personnel... Les mystères de la transmission, bien involontaire de ma part, plutôt une immersion qui fait ce que tu es, si proche et si différente, ce qui est dans l'ordre des choses... Finesse, savoir-faire et sensibilité... Je ne peux pas dire que j'en suis fier sinon je pourrais être accusé d'un manque de modestie. Mais je le dis...

    Oui, la poupée est un "être" troublant, surtout lorsque que sa conception la rend (trop) humaine. Comme tu le soulignes, elle devient, entre artifice et humanité, une forme chargée des sentiments qu'elle a pu provoquer chez l'enfant qui la posséda. Un peu comme une maison. Une charge affective à la frontière de deux mondes. A chaque instant, la poupée peut sembler connaître, soudainement, une vie propre. La sienne, celle d'un enfant qui la connut et la nôtre (notre enfance) que nous projetons dans son regard si fixe et profond...

    Posté par Daniel, 21 novembre 2009 à 16:15 | | Répondre
  • " Le rêve est une autre vie. "

    Oui, "un pied dans le monde réel, le monde sensible, tout en nous évoquant la possibilité d'une existence parallèle, d'un ailleurs... A plus grande échelle, la possibilité (la nécessité!) d'une seconde vie, vie de l'esprit, en parallèle de notre vie matérielle."

    Gérard de Nerval commence "Aurélia" par : "Le rêve est une autre vie." ...

    Oui, se construire un monde à nous, "à la frontière du rêve et du réel"...

    Je te conseille la lecture de la magnifiquement belle, troublante et poétique nouvelle de Bruno Schulz "Le Traité des mannequins" (je me souviens de te l'avoir cité pour ton article sur "Blade runner" de Ridley Scott...)

    Amitié à tous Deux, père et fille artistes !!!

    Et une belle Année créative qui commence...

    Posté par dourvac'h, 19 janvier 2010 à 20:31 | | Répondre
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